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Des recherches présentées à l’occasion du Congrès Scientifique International sur le Changement Climatique, qui s'est tenu le 10 mars à Copenhague (Danemark), indiquent que l’augmentation du niveau de la mer à l’horizon 2100 pourrait être, dans la partie supérieure du spectre des niveaux possibles, de l’ordre d’un mètre ou plus. Dans la partie inférieure du spectre, il semble de plus en plus improbable que l’augmentation du niveau de la mer soit sensiblement inférieure à 50 cm à l’horizon 2100.
Ceci signifie que si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites rapidement et substantiellement, dans le meilleur scénario, les zones côtières basses abritant un humain sur dix seront atteintes. Les plus récentes observations satellitaires et terrestres montrent que le niveau de la mer continue à augmenter au rythme de 3 mm/an ou plus depuis 1993, soit un taux bien plus élevé que la moyenne du 20ème siècle, déclare le Dr John Church du Centre for Australian Weather and Climate Research (Hobart, Tasmanie, Australie). Les océans continuent à se réchauffer et s’étendre. La fonte des glaciers de montagne s’est accrue et les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique contribuent par ailleurs à l’augmentation du niveau de la mer, ajoute-t-il.
La perte de glace au Groenland s’est accélérée sur la dernière décennie. L’augmentation du niveau de la mer d’ici 2100 pourrait être supérieure à un mètre ou plus en moyenne globale, avec de grandes différences régionales, dépendant de la localisation de la source de la perte de glace, précise Konrad Steffen, directeur du Cooperative Institute for Research in Environmental Sciences (CIRES) à l’Université du Colorado.
Le dernier rapport du GIEC en date de 2007 projette une augmentation du niveau de la mer de 18 à 59 centimètres. Le rapport précisait cependant clairement que seule une partie des facteurs contribuant à cette augmentation pouvait alors être calculée. L’incertitude était alors centrée sur les calottes glaciaires, la manière dont elles réagissent aux effets du réchauffement climatique et dont elles interagissent avec les océans, explique Eric Rignot, professeur de science du système terrestre à l’Université de Californie (Irvine) et chercheur au Jet Propulsion Laboratory de la NASA. Les résultats recueillis au cours des 3 dernières années montrent qu’il s’agit d’aspects fondamentaux qui ne peuvent être ignorés. Les calottes glaciaires de l’Antarctique et du Groenland contribuent d’ores et déjà plus et plus vite qu’estimé à l’augmentation du niveau de la mer. Si cette tendance se poursuit, il est probable que nous assistions à une augmentation d’un mètre ou plus d’ici 2100.
Sans mesure urgente et des actions significatives d’atténuation, le climat pourrait franchir un seuil durant le 21ème siècle engageant le monde dans une augmentation supérieur au mètre, précise John Church. Les impacts de l’augmentation du niveau de la mer, y compris pour la gamme inférieure des prédictions actuelles, seraient sévères : 600 millions de personnes vivent dans les basses zones côtières concernées. |