Mai 2007

Maladie d’Alzheimer : le gain pondéral s’accompagne d’une amélioration des capacités intellectuelles

Des chercheurs suédois ont réussi à améliorer l’état pondéral de personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer en améliorant la communication et l’implication des patients, et en créant un environnement plus favorable à l’alimentation. Lors d’une étude d’une durée de trois mois, publiée dans le numéro de mai de la revue Clinical Nursing, il a été observé que 13 des 18 patients du groupe d’intervention avaient pris du poids contre deux patients sur 15 dans le groupe de contrôle. Il a été constaté que les patients ayant gagné des kilos ont aussi connu une amélioration de leurs capacités intellectuelles.

La perte de poids est un problème que partagent les personnes souffrant de démence, et plus particulièrement de la maladie d’Alzheimer, explique Anna-Greta Mamhidir, du Karolinska Institutet (Stockholm, Suède), qui a dirigé les recherches. La routine des repas, les difficultés de communication, la perte d’indépendance et les problèmes de confusion sont quelques-uns des facteurs qui semblent contribuer à la perte de poids. La malnutrition peut à son tour provoquer de sérieux problèmes : augmentation des maladies infectieuses, risques accrus de fractures des hanches…

Les patients des deux groupes ayant pris part à l’étude connaissaient des problèmes de communication et de perte de mémoire et se trouvaient en état de dépendance physique. Les patients du groupe d’intervention pesaient en moyenne 55.9 kg. A la fin de l’étude, la moyenne s’élevait à 56.4 kg. Le poids moyen dans le groupe de contrôle était de 62.5 kg. Cette moyenne était tombée à 58.4 kg à la fin de l’étude.

Le personnel affecté au groupe d’intervention assista à 20 heures de cours et à 18 heures de discussion de groupe sur trois thèmes clés : délivrance de soins de sorte à promouvoir l’intégrité du patient, mise en œuvre de moyens de communication plus efficaces avec les patients atteints de démence, création d’un environnement plus tranquille et plus stimulant. Les enseignements furent mis en pratique. Les patients prirent part aux activités, s’assirent à table ensemble à l’heure des repas et se servirent à manger, signifiant une plus grande interaction avec les autres patients et une plus grande autonomie. La réussite de l’initiative a incité, en fin d’étude, les chercheurs à la reproduire avec le groupe de contrôle. Les mêmes améliorations furent constatées.

Les sociétés vieillissent et les débats à propos de l’alimentation des personnes âgées et des patients atteints de démence ne peuvent qu’aller croissant. L’étude montre d’une part un changement net de l’état pondéral des patients et, d’autre part, une relation forte entre gain pondéral et amélioration des capacités intellectuelles.


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