Mars 2008

La bipédie est apparue il y a six millions d’années

Une comparaison de la forme du fossile d’un fémur d’un des plus anciens pré-humains connus, ou hominidés, avec le fémur de singes vivants, d’autres anciens hominidés, dont les Australopithèques, et d’humains modernes, indique que la plus ancienne forme de bipédie est apparue il y a au moins six millions d’années. William Jungers, de la Stony Brook University et Brian Richmond, de la George Washington University, indiquent que leurs recherches montrent que le fossile appartient aux tout premiers ancêtres des humains, et que la marche debout est une des premières caractéristiques humaines à apparaître dans notre lignée, tout juste après la séparation entre la lignée des humains et celle des chimpanzés.

Il s’agit de la première analyse quantitative approfondie du fossile d’Orrorin tugenensis – une pièce fragmentaire de fémur - qui a été découvert au Kenya en 2000 par une équipe de recherche française. Les scientifiques ont mené l’analyse multivariée de la forme du fémur proximal d’un jeune adulte O. tugenensis. Cela leur a permis de déterminer la nature bipède de la démarche de cet hominidé controversé. Les recherches appuient l’hypothèse selon laquelle la lignée humaine est apparue à une période aussi reculée qu’il y a six millions d’années, que nous partageons un ancêtre commun avec Orrorin et que nos ancêtres marchaient en ce temps debout, déclare le Dr Richmond. Les réponses n’étaient pas aussi claires avant l’analyse, ajoute-t-il.

Les recherches confirment que les hominidés basaux d’il y a six millions d’années en Afrique étaient déjà similaires aux Australopithèques qui viendront ultérieurement, dans leur anatomie et leur biomécanique locomotrice, précise le Dr Jungers. Dans le même temps, par le biais de l’analyse, aucune relation phylogénétique particulière n’a été observée entre Orrorin et notre genre Homo, ajoute-t-il.

L’analyse et les comparaisons morphologiques parmi les fémurs provenant des fossiles montrent que celui de O. tugenensis est distinct de ceux des humains modernes et des grands singes, de par un col long et antéro-postérieurement étroit et une diaphyse proximale large. Les fémurs des premiers Homo étaient dotés de têtes plus grosses et de cols plus larges, comparés à ceux des premiers hominidés. Les fémurs des humains modernes sont caractérisés par des cols courts et de fines diaphyses.

Le défi désormais est d’identifier ce qui a précipité l’évolution de cette adaptation ancienne et réussie qu’est la marche debout à notre forme établie de bipédie, explique le Dr Jungers.


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