Juillet 2005

Monogamie chez les aigles impériales

Quelques traces de plumes ont conduit une équipe de scientifiques de l’Université de Purdue (Indiana, Etats-Unis) à confirmer que les aigles d’Asie centrale étaient probablement les oiseaux les plus « fidèles ». L’analyse de l’ADN des plumes sur les sites de nidification a permis aux chercheurs d’identifier individuellement des aigles impériales dans une réserve naturelle du Kazakhstan. L’analyse indique qu’aucun ne s’était écarté de l’autre membre du couple, ce qui indique un degré de « fidélité » inhabituel parmi les oiseaux, dont la grande majorité s’accouple et a une progéniture avec de multiples partenaires. Outre la confirmation de la monogamie parmi les aigles, ces recherches sont les premières à se baser sur des plumes collectées de manière non invasive, sans nécessité d’utiliser des pièges ou de manier l’animal. Le fait d’avoir pu utiliser des plumes collectées de cette manière, comme source d’ADN est ce qui intéresse en premier lieu les scientifiques, déclare Andrew DeWoody, membre de l’équipe.

Les chercheurs ont utilisé une technique appelée « identification génétique », afin de pouvoir suivre génétiquement les individus de la population sans les capturer. La collection de plumes sur le site de nidification a aidé les chercheurs à déterminer les paramètres de la population, ce qui n’aurait pu se faire autrement. Ces paramètres, dont le taux de survie annuel, aident les biologistes de la conservation à contrôler les populations d’espèces rares ou en danger. Les échantillons obtenus selon des méthodes non invasives permettent aux biologistes de cerner les changements au sein des populations à travers le temps sans les risques associés au maniement d’animaux vivants, de surcroît en danger.

Les observations portant sur les aigles impériales suggèrent que ces oiseaux, comme la plupart des grands oiseaux de proies, sont au moins socialement monogames. Ceci signifie que les membres d’un couple demeurent ensemble lors de la saison d’accouplement et partagent les responsabilités s’agissant de leur progéniture, précise DeWoody. A la différence de leurs plus petits cousins, les oiseaux chanteurs, l’on pense que la plupart des rapaces sont véritablement monogames. L’étude procure la première confirmation génétique de la monogamie chez une espèce au moins, ajoute-t-il. Ce genre de recherches sera probablement étendu à d’autres espèces d’intérêt telles que les pygargues à tête blanche.


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