Juin 2004

De la transpiration des hippopotames

Les secrets de la transpiration colorée des hippopotames ne seraient plus. Des chercheurs, dirigés par Kimiko Hashimoto, de l’Université Pharmaceutique de Kyoto (Japon), ont identifié les substances chimiques responsables de l’ancien mythe selon lequel ces quadrupèdes transpirent du sang. En fait, les sécrétions de ces animaux ne sont ni du sang ni de la transpiration, mais un mélange de pigments servant aussi bien d’écran solaire que d’antibiotique. Ces sécrétions couvrent tout le dos et l’arrière des oreilles. Cela ressemble à du sang qui se répand, indique Craig White, du Whipsnade Wild Animal Park (Grande-Bretagne). Les hippopotames tendent à produire plus de substance sur terrain sec que lorsqu’ils nagent dans les rivières ou les lacs, ajoute-t-il, ce qui inclinerait à faire penser que ces sécrétions sont apparentées à de la transpiration.

L’analyse chimique a permis de distinguer deux pigments, l’un rouge et l’autre orange, que les chercheurs ont respectivement dénommés « acide hipposudorique » et « acide norhipposudorique ». Après avoir isolé ces substances chimiques, ils ont procédé à la vérification de la théorie selon laquelle le mélange servirait à la fois d’écran solaire et d’antibiotique. Ils ont donc analysé ce qui, du spectre de la lumière solaire, était absorbé par les pigments et ont conclu que le corps composé protégeait du rayonnement ultraviolet. Le pigment rouge restreindrait en outre le développement de maladies causées par Pseudomonas aeruginosa et Klebsiella pneumoniae, et protégerait donc des bactéries. Cette double fonction serait très utile pour ces énormes quadrupèdes vivant en Afrique centrale, principalement dans la Vallée du Nil. Ceux-ci sont longuement exposés à la lumière du Soleil et de fréquents chocs avec des rivaux sont à l’origine de balafres, potentiellement facteurs d’infections.


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