Février 2004

Conservation des espèces et protection des voies de migration marines

Il est vital, dans le cadre de la conservation de la vie marine, de protéger les itinéraires utilisés par les tortues et d’autres espèces en danger, a indiqué jeudi 12 février un groupe de chercheurs en biologie marine devant l’Association Américaine pour l’Avancement de la Science. Ces voies marines ont été mises en évidence ces dernières années avec les données recueillies à partir d’expériences consistant à suivre, parmi d’autres animaux, tortues et dauphins. Les études montrent que les plus grands animaux de la mer empruntent des voies de migration marines et qu’ils sont souvent piégés dans ces zones par les bateaux destinés à la pêche de plus petites espèces. A titre d’exemple, 200 000 caouannes et 50 000 tortues luths, toutes deux espèces protégées, ont été accidentellement prises en 2000, en raison des activités de pêche. Les deux espèces pourraient connaître une extinction d’ici le milieu du siècle.

Nous connaissons ces itinéraires, déclare Larry Crowder de la Duke University. L’un d’entre eux longe la côte Est des Etats-Unis. D’autres sont des itinéraires vers des zones riches en planctons, éloignées des terres. La connaissance précise et la prédiction des lieux de passage des animaux permettraient d’adapter les pratiques de pêche. La conservation ne remettrait pas en question celles-ci. Les bateaux continueraient leurs activités près de ces lieux. Les tortues par exemple passent 90 % de leur temps dans les 40 mètres supérieurs des océans. Les bateaux qui pêchent à des niveaux plus profonds n’auraient pas besoin de stopper leurs activités en leur présence.

La question de la réglementation relative à la protection de ces animaux se pose. L’ONU a les moyens de la mettre en place hors des eaux nationales, indique Elliott Norse, président du Marine Conservation Biology Institute (Redmond, Washington, Etats-Unis). La chasse à la baleine a ainsi été interdite dans l’Océan Indien. Et les bateaux n’ont plus l’autorisation de prendre les espadons dans certaines parties de l’Océan Atlantique et de l’Océan Pacifique. De telles règles pourraient être adoptées en ce qui concerne les tortues.


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