Août 2004

Adaptabilité climatique des premiers humains

De nouvelles recherches montreraient que les premiers homininés (sous-famille des hominidés comprenant les genres Homo et Australopithecus) vivaient également bien dans un climat relativement chaud et sec, il y a 3,4 millions d’années, que dans un climat plus froid et plus humide, où les forêts étaient plus importantes, à une période légèrement postérieure. L’espèce étudiée, Australopithecus afarensis, s’est adaptée à ce changement environnemental sans le bénéfice d’un cerveau plus volumineux ou d’outils en pierre, qui aidèrent les homininés ultérieurs à s’adapter à leur environnement. Les premiers humains auraient ainsi développé une aptitude à vivre dans différents types de climats et de végétations, au cours du processus évolutif menant de populations d’Afrique proches des singes à une espèce humaine mondialement répartie et diverse.

Ces résultats constituent une contribution au débat actuel sur le fait de savoir si les homininés du Pliocène préféraient des lieux ouverts et arides à des lieux boisés et humides, ou encore s’ils pouvaient s’adapter à divers environnements. Les recherches ont été menées par Raymonde Bonnefille, du CNRS (Aix-en-Provence, France), et Richard Potts, de la Smithsonian Institution’s National Museum of Natural History, et leurs collègues, à partir de fossiles de pollen situés dans des formations de roches stratifiées autour de l’Hadar (Ethiopie). En observant la présence ou l’absence de certaines plantes à l’intérieur de ces échantillons de pollen, les chercheurs en ont conclu à un changement, celui susmentionné, au niveau de l’écosystème étudié.

L’étude fait partie d’un projet global destiné à explorer l’émergence et l’amplification de l’adaptabilité humaine durant les quatre derniers millions d’années.


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