Juin 2000

Reconstitution du trajet emprunté par le prion

Les recherches sur les maladies à prions, encore appelées encéphalopathies spongiformes transmissibles, progressent très lentement. Afin de les traiter, les chercheurs se penchent sur le trajet qu'emprunte l'agent infectieux, à partir du site récepteur qu'est l'intestin, pour atteindre le système nerveux central. Ils tentent de connaître les relais qui lui permettent de se reproduire ainsi que ses moyens de locomotion. Ils exploitent aujourd'hui la piste d'un traitement qui stopperait la progression de l'infection vers le cerveau. Cette approche thérapeutique semble confirmée par les études récentes sur les souris.

Des chercheurs français, sous la direction de Jean-Yves Cesbron, ont mené des travaux sur la reproduction de la forme infectieuse du prion et le suivi de l'infection. Il apparaîtrait, chez la souris, que les sites de production soient aussi bien les lymphocytes, les cellules de la peau et les cellules du cervelet, comme cela était prévu, que les cellules endothéliales qui recouvrent les vaisseaux des anses intestinales et les cellules du système nerveux intestinal.

D'autre part, les équipes zurichoises, dirigées par Adriano Aguzzi et Charles Weissmann, viennent de montrer que l'agent infectieux serait reproduit dans la rate par des cellules du système immunitaire dont le rôle est la détection des agents infectieux : les cellules folliculaires dendritiques. En empêchant les lymphocytes B d'activer le développement de ces cellules, les chercheurs se sont aperçu que le prion cesse de s'accumuler dans la rate, ce qui retarde le développement de la maladie.


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