Juin 2001

Résistance génétique à la malaria

La malaria, maladie mortelle, aurait été encore plus dévastatrice que ce qu'elle est sans une très ancienne mutation génétique protégeant beaucoup de personnes contre les atteintes les plus graves de la maladie. La malaria frappe chaque année 500 millions de personnes et en tue 2 millions, ce qui la place en tête des maladies mortelles. L'ampleur du phénomène aurait été plus importante sans cette mutation génétique. Selon les scientifiques, celle-ci serait d'abord apparue il y a quelque milliers d'années en Afrique puis, un peu plus tard, parmi les peuples de la Méditerranée et de certaines parties de l'Asie. Actuellement, environ 4OO millions de personnes seraient porteuses de la mutation. Les études en Afrique ont montré qu'elle diminue le risque de malaria sévère de plus de 58%.

Le gène G6PD, situé sur le chromosome X, a évolué dans le sens d'une réponse génétique naturelle à une maladie infectieuse, a déclaré Sarah A. Tishkoff, de l'Université du Maryland, principal auteur de l'étude sur le sujet, publiée le 21 juin par Science. La forme mutante de G6PD aide à bloquer la reproduction du parasite de la malaria véhiculé par les moustiques. La mutation de ce gène montre l'évolution en action. "Il s'agit d'un exemple frappant de la façon dont une maladie infectieuse peut façonner le chemin de l'évolution humaine" ajoute-t-elle. Comprendre comment la maladie et la résistance à celle-ci évoluent peut aider les scientifiques à développer des traitements.


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