Septembre 1999

Un trou noir au coeur de la Voie lactée

Après de nombreuses années d'observation afin d'étudier la nature du centre de notre galaxie, se confirme à l'heure actuelle l'hypothèse de la présence d'un trou noir dans cette région inaccessible aux instruments les plus perfectionnés. Cette hypothèse a été émise voilà au moins une dizaine d'années mais n'avait jamais pu être prouvée.

Le seul moyen d'identifier un trou noir consiste à étudier ses effets sur la matière environnante puisque le trou noir est par définition invisible : même la lumière ne peut s'échapper de son attraction.

Andrea Ghez (Université de Californie - Los Angeles), a découvert en analysant des photographies du centre galactique prises à un an d'intervalle que, dans ce secteur, la trajectoire des étoiles est perturbée par une intense source de forces gravitationnelles. D'après ses calculs, les étoiles tournent à une vitesse dix fois plus rapide que celle d'une étoile classique : elles vont jusqu'à 4,8 millions de km/h. La seule explication à un tel phénomène serait la présence d'un objet 2,6 millions de fois plus massif que le Soleil. Une telle masse concentrée dans une région de la taille d'une étoile ne peut être qu'un trou noir.

Situé à 25 000 années-lumière de la Terre, le trou noir attire toute la matière qui passe à sa portée. "Il ne peut évidemment pas aspirer toute la galaxie, explique le professeur Maillard. Mais la présence de cette masse pourrait être un des facteurs expliquant pourquoi la Voie lactée ne se disperse pas.

C'est grâce au télescope Keck installé à Hawaï et à une nouvelle technique d'interférométrie infrarouge permettant d'augmenter la qualité des images qu'a été faite cette découverte. "Les images obtenues sont comparables à celles que nous pourrions avoir depuis l'espace, d'après Jean-Pierre Maillard, de l'Institut d'astrophysique de Paris. La technique utilisée par Andrea Ghez a permis de compenser les effets négatifs des turbulences atmosphériques." "Les chercheurs attendent désormais les résultats des observations du télescope spatial Hubble pour obtenir des données plus précises sur ce "mangeur d'étoiles".


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